www.estrepublicain.fMort de Chanteheux - Lunéville: peut-être pas un obus...Faute de fragments, les démineurs ne peuvent pas affirmer que l'explosion qui a coûté la vie à un habitant de Chanteheux, mardi soir, est celle d'un engin de guerre.
Arrivés sur place vers 23 h 30, mardi soir, les démineurs de la protection civile, venus de Metz, avaient extrait, une heure plus tard, entre 300 et 350 kg d'obus et de grenades des dépendances en partie détruites, dans lesquelles les pompiers venaient de trouver Gilbert Putegnat, victime d'une explosion (notre édition d'hier).
Passionné de matériel militaire, ce sapeur-pompier volontaire, âgé de 47 ans, qui devait décéder à son arrivée à l'hôpital central de Nancy, détenait une réelle collection de pièces provenant des deux conflits mondiaux. « Un vrai musée » selon les démineurs qui venaient de découvrir de nombreuses autres pièces dans le grenier de la maison.
Trois démineurs étaient de retour, hier matin, pour répertorier les objets stockés, et évacuer les engins considérés comme dangereux ou douteux. « Certaines pièces, qui se trouvaient dans les dépendances ou dans le grenier étaient encore actives », expliquait hier l'un des responsables du service de déminage pour qui « le message est toujours le même, nous le répétons sans cesse. Il ne faut pas toucher à ces pièces qui sont de plus en plus instables au fur et à mesure que le temps passe. Non seulement c'est très dangereux mais il est interdit de les posséder. »
« Une forte odeur de solvant »
Plusieurs caisses de grenades ont encore été évacuées hier matin, et quelques obus également.
Cependant, après les premières constatations faites sur les lieux de l'explosion, étayées par les premiers indices relevés, l'origine de l'explosion ne pouvait pas être orientée de façon catégorique vers les engins de guerre stockés, faute de fragments, comme l'expliquait l'un des démineurs : « L'absence d'éclats fait que l'on ne peut pas certifier que ce soit un obus. En revanche nous avons remarqué qu'il régnait une forte odeur de solvant. »
Mardi soir, après avoir pris son repas en famille, Gilbert Putegnat, avait rejoint son atelier avec ses dernières trouvailles en main : deux baïonnettes qu'il était allé nettoyer avant d'entreprendre de les souder, selon les dires de son épouse. Il était alors 20 h 50. Un voisin, habitué à fermer son portail à la même heure, dit avoir vu une grande flamme bleue avant l'explosion.
Michel, dont le pavillon de plain-pied est mitoyen des dépendances soufflées par la déflagration a, quant à lui, pensé qu'un avion s'écrasait sur l'aérodrome voisin. « Je suis sorti, il appelait au secours mais je ne savais pas où il était, il y avait encore beaucoup de fumée. » L'endroit était également partiellement effondré. Une partie du mur avait aussi été soufflée. Ainsi que certaines vitres de la maison de la victime, éloignée d'une dizaine de mètres de l'explosion. « On savait qu'il était collectionneur mais, comme beaucoup, il en parlait peu. De là en penser que nous étions à côté d'une poudrière... » Pour Michel et son épouse, autorisés à réintégrer leur pavillon, dans la nuit, vers deux heures, la peur rétrospective se mêlait à un sentiment de gâchis. Sentiment partagé avec un autre habitant du quartier, à la fois choqué et touché par la disparition brutale d'un voisin, considéré comme serviable et généreux. Lequel s'était attaché à faire de sa demeure, un endroit de bonheur partagé avec son épouse et ses trois enfants nés d'une première union, et leur petit garçon âgé de 4 ans et demi.
